
LA PETITE ESPERANCE
sortie CD 2025



Photos Ô : Laurent Guizard
LA PETITE ESPERANCE
Œuvres a cappella d’Hildegard von Bingen, Bach, Bruckner et Mendelssohn
Voici un programme fait de tiges et de racines, de bourgeons et d’épines. Il entrelace les musiques d’Hildegard von Bingen, de Bach, Mendelssohn et de Bruckner, dans un dialogue entre la mélodie pure et la polyphonie des grands maîtres germaniques : la mélodie est la tige, le rameau verdoyant dont naîtra l’arbre à la ramure immense de la polyphonie vocale.
Mein Gott, warum hast du mich verlassen ? **
Felix Mendelssohn (1809-1847) Opus 78
O quam mirabilis *
Hildegard von Bingen XIIe s., antienne
Mitten wir im Leben sind
Felix Mendelssohn
Cum eribuerint *
Hildegard von Bingen, antienne
Os justi
Anton Bruckner (1824-1896), wab 30
O viridissima virga *
Hildegard von Bingen, séquence
Virga Jesse
Anton Bruckner, wab 52
O frondens virga *
Hildegard von Bingen, antienne
Ave generosa *
Hildegard von Bingen, séquence
Ave Maria
Anton Bruckner, wab 6
Karitas habundat *
Hildegard von Bingen, antienne
O aeterne Deus *
Hildegard von Bingen, antienne
Komm Jesu, komm
Johan Sebastian Bach (1685-1750), BWV 229
Voici un programme fait de tiges et de racines, de bourgeons et d’épines. Il entrelace les musiques d’Hildegard von Bingen, de Bach, Mendelssohn et de Bruckner, dans un dialogue entre la mélodie pure et la polyphonie des grands maîtres germaniques : la mélodie est la tige, le rameau verdoyant dont naîtra l’arbre à la ramure immense de la polyphonie vocale.
Là où Bach, Mendelssohn et Bruckner portent les textes ancestraux des psaumes, qui disent la racine de la souffrance des hommes, Hildegard leur répond par avance, par ses visions si actuelles et gorgées d’espérance.
L’œuvre musicale de la compositrice du XIIe siècle est d’une étonnante vitalité, ou plutôt, pour utiliser un mot hildegardien, d’une étonnante « viridité » : ce mot puissant, très présent dans son répertoire, exprime la vigueur naturelle qui fait monter la sève des arbres et procure la fécondité des êtres vivants, et dit en même temps la force d’accomplissement spirituel de l’homme, sans séparer l’homme de la nature, ni le naturel du surnaturel.
Les textes d’Hildegard, pleins d’évocations de la nature en effervescence viennent effacer les épines de la couronne de la souffrance qu’évoquent les psaumes, et en tressent une autre, « une mystérieuse couronne », comme celle dont parle Charles Péguy avec sa langue poétique et raboteuse :
« Une couronne a été faite de bourgeons et de boutons. […]
De bourgeons de rameaux.
De boutons de fleurs pour les fleurs et les fruits.
Toute bourgeonnante, toute boutonnante, une couronne a été faite.
Mystérieuse.
Toute éternelle, tout en avance, toute gonflée de sève.
Toute embaumée, toute fraîche aux tempes, toute tendre et embaumante.
Toute faite pour aujourd’hui, pour en avant, pour demain.
Pour éternellement, pour après-demain.
Toute faite de pointes menues, de pointes tendres, de commencements de pointes,
Feuillues, fleuries d’avance,
Qui sont les pointes des bourgeons tendres, fraîches,
Et qui ont l’odeur et le goût de la feuille et de la fleur.
Le goût de la pousse, le goût de la terre.
Le goût de l’arbre.
Et par avance le goût du fruit. […]
Pour adoucir, pour apaiser, pour calmer, afin de rafraîchir les temps battantes,
Les temps fièvreuses. […]
Pour apaiser, pour embaumer, pour étancher le sang qui se collait dans les cheveux.
Une couronne aussi a été faite, une couronne de sève, une couronne éternelle, Et c’est la couronne, le couronnement de l’espérance.
Extrait Le Porche du mystère de la deuxième vertu, Charles Péguy 1912
Ensemble Ô, 8 chanteurs
*Anne Bertin-Hugault, mezzo-soprano solo
** Steve Zheng, ténor solo
Concert spatialisé – Durée : 1h15



